La Maison d’arrêt de Privas devrait être rayée de la carte de l’administration pénitentiaire dès 2015. Le Sénateur-Maire de Privas s’oppose avec véhémence à cette fermeture qualifiée « d’inacceptable ».
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Installée au cœur de la ville-préfecture depuis 1820, la seule et unique prison présente sur le territoire ardéchois fermera ses portes en 2015, comme l’a annoncée aujourd’hui la Garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie. Les détenus et agents de l’administration pénitentiaire seront alors affectés dans une nouvelle prison, construite sur Valence.
En tant que Maire de Privas et Sénateur de l’Ardèche, je ne peux accepter cette annonce.
Sur la forme, l’annonce de cette fermeture est en contradiction totale avec les propos tenus par la Garde des Sceaux en octobre dernier, qui m’assurait, à la tribune du Sénat, « qu’aucun arbitrage n’[était] encore rendu sur le choix des nouvelles implantations et sur les fermetures éventuelles d’établissements » et que je serai « bien évidemment […] tenu informé des avancées de la réflexion ». Or, je n’ai jamais été associé à la moindre réflexion, ni destinataire de la moindre « information ». Pire, aucun élu local ou agent de l’administration pénitentiaire n’ont été conviés ne serait-ce qu’à un simple tour de table ! L’administration pénitentiaire, et sa Ministre de tutelle, n’ont pas respecté la parole donnée devant les parlementaires. Je déplore cette absence de concertation et de reconnaissance des élus locaux et des fonctionnaires ainsi concernés.
Sur le fond, la décision de fermeture me paraît injustifiée. La garde des Sceaux appuie son argumentation sur le caractère soi-disant « vétuste » de la prison et sur la nécessité d’offrir plus d’espace et de structures afin de « faciliter la réinsertion des détenus pour prévenir la récidive ». En réalité, la Maison d’arrêt de Privas avait déjà fait l’objet d’une réhabilitation très récente puisque de nombreux travaux de modernisation des bâtiments avaient été réalisés, en associant, dans les chantiers, les détenus volontaires et des acteurs locaux du BTP. Par ailleurs, chacun connaît les méfaits provoqués par la concentration de détenus dans de grands centres pénitenciers : ces « trop grandes » prisons, qui éloignent les détenus tendent alors à se transformer en véritable « écoles de la récidive ».
La Maison d’arrêt privadoise présente en réalité tous les aspects d’un établissement pénitentiaire à visage humain : des actions de prévention contre les dépendances (alcools et drogues) et de suivi psychologique des détenus sont mises en œuvre, avec des résultats largement encourageants. De même, des coopérations locales avec les principaux établissements publics de santé (l’hôpital général et l’hôpital psychiatrique) ont été établies, mais aussi avec le théâtre de la ville en matière culturelle.
C’est pourquoi, pour des raisons tant de forme que de fond, je ne peux accepter cette annonce qui ne pourra avoir que des conséquences dramatiques sur la situation sociale et économique de notre département, et sur la ville de Privas en particulier.
Le Gouvernement s’est donc bel et bien engagé dans une vaste politique d’enclavement de l’Ardèche, en procédant à la fermeture concomitante de son IUFM et de sa Maison d’arrêt. Victor Hugo disait que « celui qui ouvre une école, ferme une prison ». En Ardèche, le Gouvernement ferme écoles et prisons…
Après la disparition du pôle d’instruction en 2008, les menaces qui pèsent actuellement sur le commissariat d‘Annonay, et, plus largement, la réduction des effectifs des services publics dans notre département, les mauvais coups continuent de pleuvoir sur l’Ardèche. Je ne peux accepter une telle situation.
Un courrier à destination de la Garde des Sceaux, cosigné par les parlementaires ardéchois Michel Teston, Pascal Terrasse et Olivier Dussopt, sera envoyé prochainement. J’interpellerai également, avec mes collègues parlementaires, le Ministre de l’Aménagement du territoire, Michel Mercier, pour qu’il m’explique pourquoi le Gouvernement s’entête à procéder à un vaste déménagement du territoire ardéchois.
Je resterai présent et mobilisé aux côtés des fonctionnaires de l’administration pénitentiaire et des élus locaux consternés par cette annonce aussi brutale qu’inacceptable.
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